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Panthéon au féminin

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Marie Marvingt


“La fiancée du danger”
1875 – 1963

Marie Marvingt fut une pionnière aux talents multiples, à la fois aviatrice, alpiniste, nageuse, cycliste, journaliste et infirmière. Surnommée « la fiancée du danger », elle mena une existence marquée par l’audace, la curiosité et le dépassement de soi, et acquit une grande notoriété dans la France du début du XXᵉ siècle.

Née à Aurillac en 1875, Marie Marvingt manifesta très tôt un vif intérêt pour les activités physiques et de plein air. Elle pratiqua notamment la natation et le cyclisme, disciplines dans lesquelles elle participa à diverses épreuves sportives, à une époque où le sport féminin était encore peu développé. Elle suivit également une formation d’infirmière auprès de la Croix-Rouge. À la fin du XIXᵉ siècle, elle obtint un certificat lui permettant de conduire une automobile, pratique alors encore rare pour les femmes.

Ses activités sportives furent variées. Elle prit part à des compétitions de natation en eau libre et effectua de longues randonnées à bicyclette. Elle pratiqua aussi l’alpinisme et les sports de montagne. En 1908, alors que le Tour de France était réservé aux hommes, elle parcourut à bicyclette plusieurs étapes, suivant le parcours de la course à titre personnel.

Elle s’intéressa très tôt à l’aéronautique. Au début du XXᵉ siècle, elle obtint un brevet de pilote de ballon libre et effectua de nombreuses ascensions en aérostat. En 1910, elle obtint son brevet de pilote d’avion, figurant parmi les premières femmes brevetées en France, et participa à des démonstrations et compétitions aériennes.

Durant la Première Guerre mondiale, elle mit ses compétences au service du pays en tant qu’infirmière et correspondante, secourant et évacuant les blessés. Elle s’investit également dans la promotion de l’aviation sanitaire, défendant l’idée de l’utilisation de l’avion pour le transport médical des blessés.

Après le conflit, elle donna de nombreuses conférences en France et à l’étranger pour promouvoir cette forme de médecine aérienne. Elle participa à des réalisations cinématographiques consacrées à l’aviation sanitaire.

Marie Marvingt reçut plusieurs distinctions au cours de sa vie, dont la Légion d’honneur. Elle demeura active très tard, continuant à voler comme passagère et à pratiquer le cyclisme à un âge avancé. Elle s’éteignit en 1963, laissant le souvenir d’une femme engagée en faveur du sport, de l’aviation et du secours aux blessés.

Adrienne Bolland


“La déesse des Andes”
1895 – 1975

Adrienne Bolland fut la première femme à effectuer la traversée de la cordillère des Andes en 1921, à bord d’un Caudron G3. Le visage enduit de graisse et le corps protégé par du papier journal contre le froid, elle se faufila entre les sommets, l’avion ne pouvant voler au-delà de 4 000 mètres.

D’origine belge, Adrienne Bolland a obtenu son brevet de pilote le 23 novembre 1919, après s’être formée sur le Caudron G3. C’est avec ce même appareil qu’elle réalisa l’exploit de traverser la Manche en 1920, puis la cordillère des Andes en 1921. Ce dernier exploit fut à l’époque si extraordinaire que le consul français, croyant à une plaisanterie, refusa de venir à sa rencontre. En 1924, elle battit le record du monde féminin de loopings, accomplissant 212 figures en 72 minutes.

Au-delà de ses nombreux records, la vie d’Adrienne Bolland fut également marquée par ses engagements politiques. Elle se distingua notamment par sa participation à la guerre civile d’Espagne. En 1936, elle organisa une partie du recrutement des pilotes de l’escadrille España afin de soutenir le camp républicain. Cet engagement se poursuivit durant la Résistance française, particulièrement dans le Loiret, où elle contribua au repérage de terrains destinés aux parachutages clandestins.

Cette pionnière de l’aviation eut l’occasion de célébrer, quarante ans après son passage au-dessus de la cordillère des Andes, un autre voyage dans des conditions bien plus modernes et confortables. Elle devint également ambassadrice officielle d’Air France, lui permettant ainsi de transmettre sa passion aux générations futures.

Adrienne Bolland décéda le 18 mars 1975 à Paris, décorée, entre autres, de la Légion d’honneur, de la Médaille de la Résistance française et de la Médaille du Mérite du Chili.

Elise Deroche


“La baronne des airs”
1882 – 1919

Elise Deroche a marqué l’histoire en 1910 en étant la première femme à obtenir le brevet de pilote d’aéroplane. Elle participa à de nombreux meetings aériens dans toute l’Europe et remporta de nombreux records d’aviation.

Véritable pionnière parmi les pionnières, Elise Deroche inscrivit son nom dans l’histoire de l’aviation grâce à une carrière brève mais marquante. Elle acquit le surnom de « baronne Raymonde de Laroche » lors d’un meeting aérien tenu à Saint-Pétersbourg en 1910, où, après avoir atterri à proximité du tsar Nicolas II, celui-ci lui conféra, en signe d’honneur, ce titre de noblesse qui demeure indissociable de son identité.

Avant de s’engager dans le domaine de l’aviation, Élise Deroche se révéla être une artiste accomplie et polyvalente, embrassant tour à tour les métiers d’actrice, de mannequin, de sculptrice et de portraitiste.

Son attrait pour le pilotage s’exprima d’abord à travers d’autres véhicules motorisés : elle fut la première femme à conduire une bicyclette à moteur à Paris. Sa passion la conduisit ensuite vers l’automobile, avant qu’elle ne consacre pleinement son énergie à l’aéronautique. Entre 1909 et 1910, elle réalisa ses premiers vols et décrocha le brevet de pilote d’aéroplane n°36, devenant ainsi la première femme au monde à obtenir cette distinction.

Animée par le désir de prendre part au conflit de 1914-1918, elle se heurta toutefois au refus de la toute jeune Armée de l’air, qui, à cette époque, rejetait l’idée d’une femme combattante.

Néanmoins, elle poursuivit inlassablement sa carrière aéronautique et se distingua dans l’après-guerre en battant plusieurs records d’altitude en 1919. Cette même année, son destin tragique s’accomplit : la baronne Deroche trouva la mort dans un accident d’avion, alors qu’elle participait, en tant que passagère, à un entraînement en vue de battre le record mondial de durée de vol.

Aujourd’hui reconnue comme l’une des figures emblématiques des pionnières de l’aviation, la baronne des airs demeure une source d’inspiration, ayant illustré par son courage et son audace la volonté de repousser sans cesse les frontières du possible, au risque de sa propre vie.

Margot Duhalde


1920 – 2018

Résistante de la première heure, Margot Duhalde fut la première et seule aviatrice des Forces françaises libres pendant la Seconde Guerre mondiale, convoyant de nombreux appareils des aérodromes vers le front.

« Margot Duhalde a prouvé, dans un monde d’hommes, qu’il n’y avait rien d’impossible pour les femmes. » C’est par ces mots que la présidente chilienne Michelle Bachelet a salué la vie de cette pionnière de l’aviation chilienne.

Cette Chilienne d'origine française a obtenu dès l’âge de 18 ans son brevet de pilote de tourisme, en 1938. Deux ans plus tard, elle répondit à l’appel du 18 juin 1940 et partit pour Londres avec un groupe de volontaires chiliens en 1941. Elle fit malheureusement face à des obstacles, notamment lorsqu’elle fut refusée au sein des Forces aériennes françaises libres.

 Elle participa alors à la guerre au sein de l’ATA (Air Transport Auxiliary), où elle assura le convoyage des avions entre les usines et les aérodromes. Elle eut ainsi l’occasion de piloter toutes sortes d’appareils alliés de la période, convoyant des avions jusqu’en 1945.

Une fois rentrée au Chili après la guerre, Margot Duhalde devint la première contrôleuse aérienne et pilote de ligne de son pays. Elle effectua son dernier vol en 2007 à l’âge de 86 ans, sa passion pour l’aviation ne la quittant certainement pas avec l’âge.

Elle décéda à Santiago du Chili à l’âge de 97 ans, décorée à la fois par le Chili, le Royaume-Uni et la France pour ses engagements.

Joséphine Baker (Théâtre) – Artiste


Résistante et aviatrice, son entrée au Panthéon en 2021 rend hommage à son courage et sa liberté.

Née le 3 juin 1906 à Saint-Louis (États-Unis), Joséphine Baker a découvert la France en 1925, au cœur du Paris des années folles. Elle y trouva sa patrie de cœur et y devint une icône du music-hall, incarnant l’audace et la liberté artistique.

Passionnée d’aviation, elle obtint en 1935 son brevet de pilote à l’Aéro-Club de France, devenant ainsi l’une des premières femmes noires aviatrices.

Lorsque la guerre éclate, elle fit le choix courageux de rester en France et de s’engager dans la Résistance. Utilisant sa notoriété pour servir le renseignement, elle devint agent du contre-espionnage, tout en continuant à chanter pour les soldats alliés.

Témoin de la ségrégation raciale au sein de l’armée américaine, elle poursuivit son combat après-guerre en militant pour les droits civiques et l’égalité. En 1963, elle se tint aux côtés de Martin Luther King lors du célèbre discours “I Have a Dream” à Washington.

Décorée de la Légion d’Honneur et de la Croix de guerre, Joséphine Baker est entrée au Panthéon en 2021, devenant la première femme noire et la seule aviatrice à y reposer.
Artiste, résistante, militante et pionnière, elle incarne à jamais la liberté, le courage et la fraternité universelle.

Caroline Aigle (Couzinet)


Montauban 1974 – Dijon 2007

Officière de l'Armée de l'air française avec le grade de commandante au moment de son décès, elle fut la première femme pilote de chasse affectée en escadron de combat.

Pour effectuer ses études, elle fréquente les établissements scolaires militaires les plus prestigieux, le lycée militaire de Saint-Cyr, le Prytanée national militaire de La Flèche,  l'École polytechnique (promotion X94), et, enfin, l’Ecole de l’Air et de l’Espace.

Le 28 mai 1999, elle devient la première femme française brevetée pilote de chasse.

Affectée à l'escadron de chasse 2/2 "Côte d'Or" sur la base aérienne de Dijon, elle pilote des Mirage 2000.

En 2005, elle est promue commandante et prend la tête de l'escadrille SPA 57 Mouette.

En septembre 2006, elle est nommée à la division Sécurité des vols du commandement des forces aériennes à Metz.

Sportive accomplie, elle est également championne de France militaire de triathlon en 1997, championne du monde militaire par équipe la même année, et vice-championne du monde militaire par équipe en 1999. Elle pratique également le parachutisme et la plongée sous-marine.

Avant la maladie foudroyante qui l’a emportée le 21 aout 2007, elle se préparait à devenir spationaute. Elle avait passé un diplôme universitaire d’astrophysique, préparait une thèse sur la caléfaction et apprenait le russe.

Caroline Aigle totalisait près de 1 600 heures de vol.

Son parcours exemplaire a ouvert la voie à de nombreuses femmes dans l'Armée de l'Air et de l’Espace, et demeure toujours une source d'inspiration.

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